Mardi 04 Août 2020
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 Acteurs et politiques clés

 Le Nord du Maroc est depuis plus d’une décennie au cœur des préoccupations du gouvernement marocain. Zone stratégique et dotée d’un potentiel humain et naturel, le Nord a été malgré ces atouts marqué par une dynamique de développement lancinante. Toutefois, malgré les défis du développement qu’il pose, le Nord avec sa position stratégique, ses potentialités économiques, naturelles et humaines est l’un des atouts de poids du Maroc pour faire face à la dynamique de mondialisation.

Dès lors, ce territoire a fait l’objet d’une forte attention des pouvoirs publics qui y ont déployé de nombreux projets structurants d’infrastructures de compétitivité (port de Tanger Med, autoroutes, voies ferrées, zones industrielles), d’infrastructures de bases et de services sociaux (électrification, accès à l’eau potable, développement des infrastructures éducatives et sanitaires, etc.). En dehors des grands projets spécifiques au territoire tels que Tanger Med, le nord est aussi concerné par la déclinaison territoriale des principales stratégies nationales telles que celles de l’éducation, la santé, l’agriculture, l’industrie et le commerce, la planification territoriale ou encore le désenclavement.

Afin de dynamiser cette logique multisectorielle du développement et promouvoir la compétitivité de ce territoire, une première agence gouvernementale de développement et de promotion territoriale, l’APDN , a été créée dans cet esprit en 1996 dans le cadre d’une démarche pilote. Dédiée aux régions du Nord, elle a été rattachée au premier ministre avec pour missions notamment d'animer, de participer et d'initier des programmes et actions visant la promotion et le développement économique et social de ces régions. L'Agence a réalisé depuis sa création avec ses partenaires de nombreux programmes et projets de développement de dimension variable allant tant des projets structurants (routes, gares, aménagements urbains) qu’aux petites actions de proximité (soutien aux associations, activités génératrices de revenus, artisanat). Cette expérience pionnière a été reproduite par la suite dans d’autres régions du Maroc (Sud et Oriental). 

Investissement régional 

Les régions du Nord ont cummulé un important investissement public régional durant la dernière décennie. A titre d’exemple et pour la seule année 2008, les établissements publics (ONE, ONEP, Al Omrane, etc) ont investit près de 10,5 milliards de dirhams dans les régions du Nord et près de 9,5 milliards dans la seule région de Tanger-Tétouan.

Cette région est d’ailleurs avec ses grands projets structurants, une des régions du Maroc où l’investissement public est le plus soutenu. Sans oublier que cette région se caractérise également par un investissement privé très dynamique. Celui-ci a par exemple près de 6 milliards de Dirhams en 10 ans pour les seuls investissements réalisés dans la zone de Tanger Free Zone. 

Projets structurants d’infrastructures     

De nombreux grands projets d’infrastructures changent le visage du Nord, certains ont été réalisés et d’autres sont en projet :

  • Le port de Tanger Med lancé en 2007 avec l’ambition d’être leader en méditerranée et Afrique notamment pour le transport des conteneurs avec 8 millions de tonnes à horizon 2015 avec sa nouvelle extension (Tanger Med II.). Avec la grande plateforme industrielle et logistique comptant plusieurs zones franches, il vise à devenir un pôle de compétitivité majeur au Maroc.
  • Les autoroutes de Rabat-Tanger (223 km achevés en 2005), Fès-Oujda via Taza et Guercif (320 km achevés en 2011), la liaison Tanger-Tanger Med (53km achevés en 2008) et la liaison Tétouan-Fnideq (28 km achevés en 2008) contribuent à assurer un haut niveau de connectivité avec le reste du pays et à faciliter l’accès aux infrastructures de compétitivité du Nord (Tanger Med, Zones Franches, etc.).
  • Les projets ferroviaires concernent quant à eux la création de la ligne Tanger-Tanger Med (45 km), l’aménagement et le raccourcissement de la voie classique Casablanca-Tanger pour offrir une économie d’une heure sur le trajet, la construction de gares modernes et multifonctionnelles (Tanger Ville), la mise à niveau des gares de parcours (Assilah, Ksar El Kbir, etc) et enfin le projet de construction d’un TGV à horizon 2015 qui devrait mettre Casablanca à 2h10 de trajet de Tanger.
  • Les voies express complètent les réseaux autoroutiers et visent à améliorer les conditions de trafic et de sécurité. Plusieurs voies express ont été achevées ces dernières années et notamment les liaisons Tanger-Tétouan, Tétouan-Fnideq, Fnideq-Tanger Med, Al Hoceima- Ajdir, etc. A horizon 2015, la voie rapide Taza- Voie rapide Taza - Al Hoceima sur près 148,5 km devrait faciliter l’accès à cette importante ville rifaine et augmenter sa compétitivité territoriale.
  • La Rocade Méditerranéenne sur près de 550 kilomètres au total constitue un axe structurant à fort impact sur le développement économique et social du Nord du Maroc. Elle relie les villes de Tanger et Saïdia en réduisant le temps de trajet de 11 à 7 heures et en impactant sensiblement les normes de confort et de sécurité des usagers de la route.
  •  Les zones d’activités et zones industrielles du Nord ont déjà généré un important investissement public et privé de près de 6 milliards de Dirhams en 10 ans pour la seule Tanger Free Zone. Les grandes zones industrielles existantes dans la région génèrent jusqu’à 40 000 emplois. Parmi les zones industrielles phares, l’ont peut citer Tanger Free Zone, la zone industrielle de Tanger Moghogha, la zone industrielle de Gueznaya, les zones en projets dans le cadre de la grande plateforme industrielle de Tanger Med (Melloussa I et II, Chrafate, souk Lqdim, Had Gharbia, Al Manza, Assilah etc) et des zones également en projet ou achevées à Taza, Al Hoceima et Guercif. 

Projets urbains structurants

Ces projets sont tant des programmes de développement urbains intégrés visant la mise à niveau et le développement des infrastructures urbaines que des projets spécifiques qui concernent des secteurs tels que la santé, l’éducation, le transport, etc.

En ce qui concerne les programmes intégrés, ceux-ci sont étalés sur plusieurs années et fédèrent les activités de plusieurs ministères et établissements publics et visent un développement coordonné et intégré des villes du nord : mise à niveau et requalification des quartiers, Mosquées, équipements de proximité, places publiques, protection du patrimoine, assainissement, construction d’axes de circulation, mise à niveau des voies publiques, protection de l’environnement, mise à niveau des médinas, équipements d’urgence, etc...

A ce titre, le Programme de Développement Urbain de Tanger compte mobiliser près de 2,46 milliards de Dirhams sur la période 2009-2013, celui de Tétouan près de 1,063 milliards de Dirhams sur la période 2009-2012 ou encore celui de Mdiq-Fnideq à titre d’exemple près de 387 millions de Dirhams.

Toutefois, les projets menés par les départements sectoriels respectifs et les établissements publics de manière unilatérale, bilatérale ou multilatérale demeurent nombreux. Parmi ceux-ci, nous pouvons citer quelques projets en guise d’illustration :

  • Réhabilitation de la médina de Chefchaouen
  • Création d’une école d’ingénieurs à Al Hoceima (ENSA)
  • Construction d’un Hôpital de 45 lits à Targuist
  • Réhabilitation du centre de transfusion sanguine à Tanger
  • Construction de la gare de Tanger Ville
  • Constructions des gares routières de Tétouan et d’Al Hoceima
  • Construction de la gare maritime d’Al Hoceima
  • Rénovation de l’aérogare de Tanger
  • Construction d’une nouvelle aérogare à Al Hoceima
  • Pôle urbain «Madinat Bades» à la Ville d’Al Hoceima
  • Construction d’une décharge contrôlée à Al Hoceima
  • Construction d’un complexe artisanal à Ksar El Kbir
  • Aménagements urbanistiques de Mdiq-Fnidek
  • Projets de mise à niveau de l’assainissement des villes du nord
  • Projet d’amélioration des voiries et de l’éclairage public

Projets ruraux structurants

Ces projets sont tant des programmes de développement rural intégrés intéressant les différents axes du développement et social que des projets spécifiques qui concernent les infrastructures de base, les infrastructures sociales et sanitaires, le désenclavement, les Activités Génératrices de Revenus, la protection de l’environnement, etc.

En ce qui concerne les programmes intégrés, le Programme rural de Développement Intégré (PDI) des Provinces d’Al Hoceima, Chefchaouen, Larache, Taounate et Tétouan sur la période 2009-2011, est le fruit d’une convention multipartite réunissant 11 partenaires publics. Il porte sur un montant de 1 039 millions de Dirhams répartis sur 94 communes.

Initialement, plus de 600 projets de développement intégrés étaient proposés dans ce cadre concernant les axes suivants :

  1. Actions génératrices de revenus (AGR)
  2. Désenclavement et infrastructures de base
  3. Amélioration des services aux populations
  4. Protection de l’environnement

L’APDN est maître d’ouvrage de projets pour un montant total de 100 millions en 2009, 100 millions en 2010 et 50 millions en 2011. Cette expérience pourrait être reproduite par de nouvelles expériences participatives (PDI II) qui concerneraient l’ensemble des communes rurales du Nord et qui auraient pour base les nouveaux Plans Communaux de Développement - PCD (stratégies participatives de développement des communes) élaborées pour une durée de six ans par les communes.

Toutefois, les projets menés par les départements sectoriels respectifs et les établissements publics de manière unilatérale, bilatérale ou multilatérale continuent de représenter la majorité des projets, parmi ces nombreux projets nous pouvons citer quelques projets en guise d’illustration :

  • Programme National des Routes Rurales (PNRRI) sur la période 1995-2005 – 1431 km de routes aménagées/ construites)
  • PNRRII (2005-2015) – Construction et aménagements de 2 262 km de routes rurales
  • Programme d’Electrification Rurale Globale (PERG)
  • Programme d’Alimentation Groupée en Eau Potable (PAGER)
  • Mise à niveau des petits centres ruraux
  • Mise à niveau et développement des infrastructures scolaires et sanitaires
  • Création de centres d’accueil
  • Projet de renforcement de l’oléiculture à Taounate
  • Projet de développement arboricole à Taza
  • Programme de Développement Alternatif de Larache et Taounate